29.10.2009

ACCUEILLIR L'AUTRE DANS SA DIFFERENCE

ACCUEILLIR : recevoir d’une certaine manière…. Cette définition du dictionnaire ne me satisfait pas… Car quelle est cette « certaine » manière… Où est la spontanéité dans cette « certaine manière… J’ai connu des gens très riches qui savaient accueillir leurs hôtes d’une certaine manière… Tout était prévu, pour le lunch, boissons et mets de toutes sortes, pour tous les goûts. La maîtresse de maison les recevait avec le sourire, et un œil critique… Quelle idée de mettre une telle robe ? ou cette couleur lui allait vraiment mal ? Les invités partis, on se régalait des potins de la soirée sur untel, une telle… Puis cette femme, d’un certain âge, me racontait la vie des uns et des autres… Parce qu’elle me faisait confiance ? Non, je ne crois pas, mais son désir de cancans, de médisance et autre la rendait heureuse… J’étais jeune à cette époque et je n’ai jamais osé lui dire que ces ragots ne m’intéressaient pas… Mais elle m’a permis de réfléchir… Était-ce cela « accueillir » ?

J’étais sûre que non… car pour moi, lorsque mes amis venaient à la maison, c’était pour partager un moment, les écouter, dialoguer… Bien sûr, lorsque nous accueillons quelqu’un à la maison c’est en principe avec le sourire et avec joie… mais si quelque chose nous tracasse, les vrais amis le sentent.
Mais là n’est pas la question.

Que se passe-t-il en moi, lorsque j’accueille quelqu’un? Après avoir observé, j’ai pu ressentir mon cœur s’ouvrir, être enthousiaste, la joie coule en moi naturellement… Cet accueil passe aussi par la maison, préparer quelque chose à grignoter ensemble… c’est un partage… un moment de joie…
Ce n’est pas une « obligation », rien ne m’est imposé… Si je le ressens comme tel, alors je n’accueille pas, je reçois des invités...

On peut imaginer que certains accepterons l’invitation par convenance, obligation. Je pense que c’est dommage d’accepter quelque chose dont on n’a pas envie. Il vaut mieux de ne pas aller là où nous ne sommes pas à l’aise.

Quant à moi je sais que si j’accueille tout être humain comme si c’était le Divin, alors l’Amour coule de sa source sans effort… et qu’en résulte-t-il ?

Le partage, le dialogue, la joie de se sourire, de se parler... je n’ai pas besoin de connaître la personne que j’accueille ne serait-ce que quelques instants. Cet accueil nous rend heureux l’un et l’autre, un parle l’autre écoute... et un dialogue peut s’engager... ou simplement une écoute. Et ce moment de ma vie est si précieux. je n'accueille jamais d'une "certaine manière"... j'accueille ou je n'accueille pas...

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