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11.09.2007

LA SOLITUDE

Il y a celle qui est faite d’exclusion, nous sommes exclus de la vie de l’autre, des autres. Il y a celle cauchemardesque dans laquelle s’enfonce un esprit désorienté, malade, dépressif jusqu’à ce qu’elle devienne folie... Il y a celle qui est recherchée, voulue, choisie, pour plonger profondément dans la caverne du cœur et y découvrir la Paix.
La solitude n’est pas UNE.
Elle peut être peuplée de mille pensées sauvages, destructrices, qui rongent l’âme et le cœur, pompent l’énergie et refusent tout répit. Un cœur lourd, douloureux des yeux délavés par les larmes, des yeux morts, las de vivre et une vie dont la mort ne veut pas. Un cœur qui attend désespérément une main qui se tende et cette main qui ne vient pas, cette vie que le soleil a déserté. Et les autres autour qui sont aveugles et vous éclaboussent sans pudeur de leurs rires et leurs bonheurs... Ils sont là, et vous passez, sans qu’ils ne vous voient, la tristesse qui s’accroît devant tant d’indifférence, ceux qui vous sont proches qui disent vous aimer et sont possédés par leur moi, ne pas être emmerdé par cet emmerdeur plein de noirceur et qui font semblant de comprendre, on l’air de compatir puis se tirent dès qu’ils le peuvent.
Que croyez-vous ? Que la vie soit un festin de roi où les mets sont choisis avec délicatesse ! Et chacun regarde devant lui et le cauchemar grandit pour celui qui voir passer... sans le voir ce passant insouciant.
Et l’Amour dans tout ça? Où se loge-t-il dans le cœur humain? Ce cœur est-il fait de sensibilité ou est-il un roc inébranlable que rien ne peut entamer? Et au bout de cet aride chemin de solitude, non choisie, dévastatrice qu’y a-t-il? La mort qui vous tend les bras en souriant? ou la folie?
Ces solitaires deviennent des intrus, ils ne sont pas marrants, et c’est vrai, il faut rendre justice, on les exclut du clan des amis et l’étau se resserre sur eux, croyez-vous qu’on les comprenne? Ils nous ennuient, “Oh! de toute façon il n’y a rien à faire pour eux, eh! oui, c’est la vie...

Puis il existe cette solitude choisie, par bien peu, une solitude riche d’espoir et de bien-être... toute tournée vers le beau, l’Unique, où il est nécessaire d’être seul pour vivre cette communion avec l’UN blotti au creux de notre Être. Tour à tour il peut être notre père, notre mère, notre ami et confident, le frère ou la soeur, l’époux ou l’épouse, et toujours serein, toujours aimant, nous encourageant à avancer toujours plus loin sans nous retourner sur la vallée des désirs et des souvenirs.
Les souvenirs, que sont-ils? Sinon que des impressions de joie ou de tristesse mais si imparfaits, si pitoyables à côté de cette réalité vécue dans la Solitude. Paradoxalement c’est là que les autres brisent notre silence alors que nous ne leur demandons pas, qu’ils s’inquiètent, et cette brisure est souffrance, c’est comme si tout à coup, on nous arrachait des bras de l’Aimé...
À ce moment, aussi, vous restez une énigme pour le monde qui nous entoure, car bien peu sont capables de comprendre les différentes formes revêtue par la solitude.


5 JUIN 1995

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