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14.07.2007

Rûmi...

Lorsqu’il est question de Dieu, insiste Roumi, quels que soient les mots qu’on utilise pour Le glorifier, ils seront tout aussi inadéquats et peu convenables que ceux utilisés par le berger de Moise. Si nous pouvions voir les choses telles qu’elles sont en réalité, nous comprendrions immédiatement. Ainsi, se moquer ou rejeter l’adoration qu’un autre voue à Dieu, c’est faire preuve d’arrogance et d’ignorance.

Cette histoire est remarquable en bien des points : on peut y trouver une description de l’essence de la quête spirituelle de l’homme.
Roumi nous dit trois choses : d’abord, que les seules provisions nécessaires sur la voie de Dieu sont l’amour et la sincérité. Deuxièmement, que ceux qui conçoivent la spiritualité à travers un autre chemin que l’amour, comme Moise dans cette histoire, provoquent inévitablement désordre et conflit dans le monde. Enfin, que le langage de l’amour est le plus profond, et beaucoup plus universel que tout autre langage connu de l’homme.
Il est vrai que Moise était un prophète de Dieu, mais même pour lui, il était indispensable d’être initié aux mystères de l’amour afin de comprendre le langage du berger.
Mais comment atteindre un tel état d’amour ? À ce sujet, les soufis ont cité le verset coranique : « Dieu aime les hommes, puis les hommes aiment Dieu » (V :54), pour montrer que l’amour de Dieu doit toujours précéder le nôtre.
Tant que Dieu n’aime pas un dévot et ne se souvient pas de lui, il sera difficile à celui-ci de se souvenir de Dieu et de L’aimer. En même temps, les soufis citent la tradition sacrée qui dit : « Mon dévot se rapproche de plus en plus de moi, en se souvenant de moi, jusqu’à ce que Je l’aime ; et quand Je l’aime, il voit avec Mes yeux, entend avec Mes oreilles, parle avec Ma langue, saisit avec Ma main et marche avec Mes pieds. » C’est-à-dire, bien que l’amour de Dieu doive toujours précéder le nôtre, nous devons néanmoins invoquer Son nom et nous souvenir de Lui, autant que possible, si nous voulons attirer son attention sur nous. Pour les soufis, les êtres humains apprendront en dernier lieu comment aimer, en pratiquant le souvenir de Dieu. Se souvenir de Dieu, c’est se détacher de son ego afin de laisser Dieu prendre possession de l’être ; se débarrasser de son égoïsme et de son égocentrisme, et servir l’humanité sans rien attendre en retour.

Malheureusement, nous vivons dans une époque où la plupart des gens se souviennent davantage des airs à la mode, des images publicitaires et des séries télévisées que de Dieu. Toutes les valeurs de nos sociétés actuelles sont au service de la promotion de l’ego et de ses idoles. Les hommes ne sont plus des idolâtres dans le sens traditionnel du terme mais les idoles anciennes ont simplement été remplacées par nos biens matériels et par des individus, Notre objectif n’est pas de réaliser Dieu en nous-même, d’atteindre les attributs divins, mais de satisfaire nos désirs, et d’accumuler toujours plus. Alors il n’est pas étonnant de voir la montée de conflits nationaux, régionaux et ethniques dans chaque coin du monde. Il est possible que, plus qu’en toute autre époque, le manque d’harmonie extérieure dans le monde reflète le manque d’harmonie intérieure en chaque individu. Ceci découle du désir élémentaire insatisfait des hommes qui est d’aimer et d’être aimé. Nous avons oublié comment aimer et nous avons perdu de vue l’Unicité de l’Existence parce que dans notre vie quotidienne nous avons oublié comment nous souvenir de Dieu.

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