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15.09.2006
LA DEVOTION
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« Là où il y a de la raison, il est impossible de savourer complètement l'Amour. » dit Amma. « Les savants n'arrivent pas à séparer du sucre mélangé à du sable blanc, mais les fourmis y arrivent. De la même manière, on a besoin du coeur tout autant que de l'intellect. »
Ensuite, Amma donna l'exemple du bhajan traditionnel « Madhuraasthakam » dans lequel on qualifie de « charmants » tous les aspects de Krishna – ses lèvres, son visage, son sourire, sa démarche, etc.
Amma dit: « Quand votre coeur aime quelque chose, vous ne lui trouvez rien de laid, mais si vous détestez quelque chose, vous éprouvez de l'aversion même si c'est beau. »
Ensuite, Amma en dit plus sur les deux exemples qu'elle n'avait fait que mentionner la veille au soir pendant les bhajans. Dans le premier, il s'agissait du célèbre poète du Kérala Poonthanam.
Poonthanam avait écrit en sanskrit un poème qui décrivait Sri Krishna, mais avant de l'offrir au Seigneur, il voulait s'assurer qu'il n'y avait pas de fautes de grammaire et il alla le faire lire à Bhattatirippadu, un lettré célèbre. Quand, Bhattatirippadu lut le poème de Poonthanam, il éclata de rire, parce qu'à cause d'une faute de grammaire, Poonthanam avait appelé Sri Krishna Mara Prabhu [ « Le Seigneur du Bois »] au lieu de l'appeler comme à son intention Amara Prabhu [ Le Seigneur du Nectar »]. Bhattatiripaddu fit une remontrance à Poonthanam, et lui dit que s'il ignorait la grammaire de base, il ferait mieux de s'abstenir d'écrire de la poésie, qui plus est des poèmes en l'honneur du Seigneur. Mais, tandis que le pandit tournait le poème en dérision, une voix surgie soudain de nulle part dit: « Poonthanam, ne t'en fais pas. Je suis les deux, Mara Prabhu et Amara Prabhu. »
Ensuite, Amma raconta à tout le monde l'histoire de Kannapan, un chasseur tribal qui vénérait un Shiva Lingam dans un temple de la forêt. Kannapan ignorait totalement ce qui se fait et ce qui ne se fait pas dans un temple. Chaque soir, il se rendait au temple, il lavait le lingam avec de l'eau qu'il avait transportée dans sa bouche, il offrait des fleurs qui lui avaient déjà servi de parure dans ses cheveux et puis il lui offrait de la viande rôtie. Chaque matin, le prêtre brahmane qui s'occupait du temple trouvait au réveil le sol jonché des restes de la puja de Kannapan et cela le mettait en colère. Il pria le Seigneur Shiva de lui donner le nom de celui qui polluait ainsi le temple. Le Seigneur Shiva lui répondit qu'il s'agissait de Kannapan, son plus proche dévot. Le prêtre était vexé. « Je pensais que c'était moi ton plus proche dévot, » dit-il au Seigneur. « Comment se fait-il que tu le tiennes en si grande estime? » Le Seigneur dit au prêtre de venir le soir et qu'il lui montrerait pourquoi.
Ce soir là, le prêtre suivit les instructions du Seigneur Shiva. Il ne tarda pas à voir Kannapan s'approcher du temple. Quand Kannapan vit les feuilles de bilva (1) déposées selon la tradition en offrande au pied du lingam, il ne cacha pas sa colère. « Qui est ce qui a laissé traîner là ces sales feuilles? » demanda t-il tout haut? Kannapan se dépêcha de les balayer, il enleva des fleurs de sa chevelure toute emmêlée et les offrit au Seigneur. Ensuite, il lava le lingam avec l'eau de sa bouche et il lui offrit un animal rôti..
C'est alors qu'il se passa quelque chose d'étonnant. L'un des deux yeux dessinés sur le Shiva Lingam se mit à saigner. Voyant cela, Kannapan tira immédiatement des herbes de son sac pour essayer d'arrêter l'hémorragie. En vain. Quand il vit ce que Kannapan fit ensuite, le prêtre n'en crut pas ses yeux. Il tira une flèche de son carquois et s'arracha un oeil à lui pour l'appliquer à l'endroit où était dessiné l'oeil du Shiva Lingam. L'oeil du Seigneur Shiva s'arrêta de saigner instantanément. Ravi, Kannapan se mit à danser. Mais l'autre oeil du Seigneur se mit à saigner. Kannapan était sur le point de s'arracher le deuxième oeil quand il se rendit compte que s'il était aveugle il serait incapable de voir où il fallait mettre l'oeil. Alors, il plaça son gros orteil sur l'oeil du lingam pour savoir où placer son oeil après qu'il l'aurait arraché. Le Seigneur Shiva apparut devant Kannapan juste au moment où il allait s'arracher le deuxième oeil. Il arrêta son geste et le bénit. Shiva dit au prêtre: « Tous les gens viennent me supplier pour que je leur donne la vue, il n'y a que Kannapan qui soit venu me donner la vue. »
Amma dit que les vrais dévots sont prêts à se sacrifier comme Kannapan. Amma dit que cela ne signifie pas qu'il faut que nous nous arrachions les yeux pour recevoir la bénédiction du Seigneur, mais cela veut dire que nous devrions avoir l'attitude de celui qui offre son ego au divin.
Amma donna encore un autre exemple – celui d'un bébé qui essaie de dire « Papa ». Même si le bébé dit des bêtises, le père ne lui en veut pas parce qu'il connaît les sentiments du bébé. Amma dit que c'est la même chose pour ce qui est de Dieu et de son dévot.
Amma a pris un exemple encore plus proche de nous, quand un des ashramites américains essaie de lui parler en malayalam, il se trompe et utilise souvent beaucoup de gros mots et d'expressions impolies. « Amma voit son coeur dans ses paroles, » dit Amma « Amma ne le prend pas mal. »
«L'amour nous fait aller au delà de la logique, » a répété Amma. « Rien ne peut faire obstacle à l'amour véritable. »
Ensuite Amma a expliqué pourquoi elle a dit que c'est la vraie dévotion qui est la vraie logique. Amma a dit que la plupart des gens croient généralement que le monde est permanent et que leurs actions soi-disant logiques reposent sur ce faux concept. « Le monde est éphémère » dit Amma. « Dieu seul est permanent. » Ce qui est illogique, c'est de courir après ce qui est éphémère, comme si c'était permanent. La dévotion c'est l'expression de notre amour pour ce qui est permanent; c'est donc la véritable logique.
—Sakshi
1Traditionnellement, on offre des feuilles de bilva [feuilles de béthel] au Seigneur Shiva
07:45 Publié dans AMMA | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

