18.11.2009

l'art d'être disciple

L'Art d'être disciple

Les nombreux maîtres de Junnaid

Il n'existe aucune situation qui ne renferme une leçon, vraiment aucune. Toutes les situations en recèlent une mais vous devez la découvrir; elle peut ne pas être apparente. Vous devez être vigilants et examiner tous les aspects de la situation.

Au moment de sa mort on interrogea Junnaid, le grand Maître soufi… son principal disciple s'approcha de lui et lui dit: "Maître vous nous quittez, une question nous toujours tracassée mais nous n'avons jamais eu assez de courage pour vous la poser: Qui était votre Maître ? Cela a toujours été une grande curiosité parmi vos disciples car nous ne vous avons jamais entendu parler de votre Maître".

Junnaid ouvrit les yeux et dit: "Il me sera très difficile de répondre car j'ai appris de presque tout le monde. L'existence entière a été mon Maître. J'ai appris de chaque événement de ma vie et je suis reconnaissant à tout ce qui est arrivé car c'est grâce à tout ce que j'ai appris que j'en suis arrivé là; il ajouta: juste pour satisfaire votre curiosité je vous citerai trois exemples.

Le premier; j'avais très soif et j'allais vers la rivière avec mon bol de mendiant, le seul bien que je possédais; lorsque je l'atteignis, un chien se précipita, sauta dans la rivière et se mit à boire.

Je l'observai un instant et je jetai mon bol, car il était inutile. Un chien peut s'en passer. J'ai moi aussi sauté dans la rivière et bu autant d'eau que je voulais. Tout mon corps était frais parce que j'avais sauté dans la rivière. Je me suis assis dans l'eau quelques instants, j'ai remercié le chien, lui ai touché les pattes avec une profonde révérence car il m'avait appris une leçon.

J'avais tout lâché, tout ce que je possédais, mais j'avais un certain attachement à mon bol de mendiant. C'était un beau bol très joliment gravé et j'étais toujours conscient que quelqu'un pouvait le voler. Même pendant la nuit j'avais l'habitude de le mettre sous ma tête, comme un oreiller pour que personne ne puisse le dérober. C'était ma dernière attache; le chien m'a aidé. C'était si clair; si un chien peut se débrouiller sans bol… je suis un homme, pourquoi ne pourrais-je pas me débrouiller ? Ce chien a été l'un de mes Maîtres.

Ensuite dit-il, je m'étais perdu dans une forêt et il était minuit lorsque j'atteignis le village le plus proche. Chacun dormait à poings fermés. J'ai erré partout dans la ville, essayant de trouver quelqu'un réveillé qui m'abriterait pour la nuit, jusqu'à ce que finalement je rencontre un homme. Je lui ai demandé: il me semble qu'il y a seulement deux personnes réveillées dans cette ville, vous et moi. Pourriez-vous m'abriter pour la nuit ?"

L'homme répondit: "Je peux voir à votre robe que vous êtes un moine soufi..."

Le mot soufi vient de suf et suf signifie laine, un vêtement de laine. Les soufis ont utilisé le vêtement de laine pendant des siècles. On les appelle soufis à cause de leurs vêtements.

"Je peux voir que vous êtes un soufi dit l'homme et je me sens un peu gêné de vous accueillir dans ma maison. Je le souhaite vraiment mais je dois vous dire qui je suis; je suis un voleur. Voulez-vous être l'invité d'un voleur ?"

Pendant un instant Junnaid hésita et le voleur lui dit: "J'ai bien fait de vous le dire car vous semblez hésitant. Le voleur le souhaite mais le mystique semble hésiter à entrer dans la maison d'un voleur, comme si le mystique était plus faible que le voleur. En fait je devrais avoir peur de vous; vous pourriez me changer, vous pourriez transformer toute ma vie. Vous inviter signifie danger, mais je n'ai pas peur. Vous êtes le bienvenu, entrez dans ma maison, mangez, buvez, dormez et restez y autant que vous le voudrez, car je vis seul et je gagne suffisamment pour me débrouiller pour deux personnes et ce sera merveilleux de discuter avec vous de choses importantes. Mais vous semblez hésiter".

Et Junnaid prit conscience que c'était vrai; il lui demanda pardon. Il toucha les pieds du voleur et dit: "Oui, mon enracinement dans mon propre être est encore bien faible. Vous êtes vraiment un homme fort et j'aimerais bien venir chez vous et j'aimerais rester un peu plus longtemps, pas seulement cette nuit. Je voudrais moi-même être plus fort". "Venez" lui dit le voleur. Il lui donna à manger, à boire, l'aida à préparer son lit et lui dit: Je vais partir maintenant, je dois faire mon travail. Je reviendrai tôt le matin".

Tôt le matin le voleur revint et Junnaid lui demanda: "Avez-vous réussi ?"

"Non, pas aujourd'hui, répondit le voleur, mais je verrai demain".

Cela se répéta continuellement pendant trente jours, chaque nuit le voleur sortait et chaque matin il revenait les mains vides. Mais il n'était jamais triste, jamais déçu, aucun signe d'échec sur son visage, toujours heureux et il disait: "Peu importe. J'ai fait de mon mieux. Une fois encore je n'ai rien trouvé aujourd'hui mais j'essayerai demain et s'il plaît à Dieu, cela arrivera demain si ce n'est pas arrivé aujourd'hui".

Junnaid partit au bout d'un mois; pendant des années il essaya d'atteindre la réalisation et c'était toujours un échec. Mais chaque fois qu'il décidait d'abandonner il se rappelait le voleur, son visage souriant et ses paroles: "S'il plaît à Dieu, ce qui n'est pas arrivé aujourd'hui peut arriver demain". "Je me souviens de ce voleur comme un de mes plus grands Maîtres dit Junnaid, sans lui je ne serais pas ce que je suis.

Et troisièmement, dit-il, j'entrai dans un petit village, un petit garçon portait une bougie allumée, allant certainement au temple de la ville y mettre la bougie pour la nuit.

Peux-tu me dire d'où vient la lumière lui demanda Junnaid, tu as toi-même allumé la bougie, tu dois donc l'avoir vu. Quelle est la source de la lumière ?"

Le garçon se mit à rire et répondit: "Attend !" il souffla la bougie devant Junnaid et lui dit: "Tu as vu partir la lumière, peux-tu me dire où elle est partie ? Si tu peux me dire où elle est partie je te dirai d'où elle est venue car elle s'en est allée au même endroit, elle est retournée à sa source".

"J'avais rencontré de grands philosophes dit Junnaid mais aucun n'avait jamais énoncé une aussi belle formulation; "elle est retournée à sa source". Finalement tout retourne à sa source. De plus l'enfant m'a fait prendre conscience de ma propre ignorance; j'essayais de plaisanter avec lui, mais la plaisanterie s'est retournée contre moi. Il m'a montré que poser des questions idiotes - d'où la lumière est-elle venue ? - n'est pas intelligent. Elle vient de nulle part, du néant et elle ne retourne nulle part, au néant.

J'ai touché les pieds de l'enfant dit Junnaid et l'enfant, perplexe, m'a dit: "Pourquoi touches-tu mes pieds ?"; je lui ai répondu: tu es mon Maître, tu m'as montré quelque chose. Tu m'as donné une grande leçon, une grande compréhension.

Depuis ce jour dit Junnaid, j'ai médité sur le néant et lentement, lentement je suis entré dans le néant. Et maintenant est venu le dernier instant où la bougie s'en ira, où la lumière s'en ira. Et je sais où je vais, à la même source.

Je me rappelle cet enfant avec reconnaissance. Je le vois encore, debout devant moi, éteignant la bougie".

29.10.2009

ACCUEILLIR L'AUTRE DANS SA DIFFERENCE

ACCUEILLIR : recevoir d’une certaine manière…. Cette définition du dictionnaire ne me satisfait pas… Car quelle est cette « certaine » manière… Où est la spontanéité dans cette « certaine manière… J’ai connu des gens très riches qui savaient accueillir leurs hôtes d’une certaine manière… Tout était prévu, pour le lunch, boissons et mets de toutes sortes, pour tous les goûts. La maîtresse de maison les recevait avec le sourire, et un œil critique… Quelle idée de mettre une telle robe ? ou cette couleur lui allait vraiment mal ? Les invités partis, on se régalait des potins de la soirée sur untel, une telle… Puis cette femme, d’un certain âge, me racontait la vie des uns et des autres… Parce qu’elle me faisait confiance ? Non, je ne crois pas, mais son désir de cancans, de médisance et autre la rendait heureuse… J’étais jeune à cette époque et je n’ai jamais osé lui dire que ces ragots ne m’intéressaient pas… Mais elle m’a permis de réfléchir… Était-ce cela « accueillir » ?

J’étais sûre que non… car pour moi, lorsque mes amis venaient à la maison, c’était pour partager un moment, les écouter, dialoguer… Bien sûr, lorsque nous accueillons quelqu’un à la maison c’est en principe avec le sourire et avec joie… mais si quelque chose nous tracasse, les vrais amis le sentent.
Mais là n’est pas la question.

Que se passe-t-il en moi, lorsque j’accueille quelqu’un? Après avoir observé, j’ai pu ressentir mon cœur s’ouvrir, être enthousiaste, la joie coule en moi naturellement… Cet accueil passe aussi par la maison, préparer quelque chose à grignoter ensemble… c’est un partage… un moment de joie…
Ce n’est pas une « obligation », rien ne m’est imposé… Si je le ressens comme tel, alors je n’accueille pas, je reçois des invités...

On peut imaginer que certains accepterons l’invitation par convenance, obligation. Je pense que c’est dommage d’accepter quelque chose dont on n’a pas envie. Il vaut mieux de ne pas aller là où nous ne sommes pas à l’aise.

Quant à moi je sais que si j’accueille tout être humain comme si c’était le Divin, alors l’Amour coule de sa source sans effort… et qu’en résulte-t-il ?

Le partage, le dialogue, la joie de se sourire, de se parler... je n’ai pas besoin de connaître la personne que j’accueille ne serait-ce que quelques instants. Cet accueil nous rend heureux l’un et l’autre, un parle l’autre écoute... et un dialogue peut s’engager... ou simplement une écoute. Et ce moment de ma vie est si précieux. je n'accueille jamais d'une "certaine manière"... j'accueille ou je n'accueille pas...

25.10.2009

l'amour!

TripuraSundariOM.jpgL’amour est à son apogée quand nous ne faisons aucun effort pour l’exprimer. Cela ne veut pas dire que vous devez pas l’exprimer parfois – sinon vous explosez !

Il y a de la beauté dans le fait de ne pas l’exprimer totalement. Dans cette dissimulation et le dévoilement de l’Amour, il y a la Connaissance, il y a l’ouverture, il y a la joie, et il y a la beauté. C’est une qualité Divine. L’intellect a sa place et la poésie a sa place. Ensemble ils font que la vie est complète. C’est la Beauté !!!

07.10.2009

HUMOUR ET HUMILIATION

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L’humour est ce qui vous sauve de l’humiliation. Si vous avez un bon sens d’humour vous ne serez jamais humilié. Et si vous n’êtes pas humiliés vous devenez invincible. L’humour reconnecte tout le monde ensemble, alors que l’humiliation déchire et sépare. Dans une société qui se déchire avec les humiliations et les insultes, l’humour est comme une respiration d’air frais. Un bon sens de l’humour pallie à la peur et l’anxiété. L’humour sera accouplé au soin et à la préoccupation.

L’humour seul, sans « prendre soin » et se préoccuper ou toute autre action appropriée souvent irritera ceux qui sont venus à vous avec de sérieux problèmes. L’humour peut garder l’esprit élevé, encore s’il n’est pas de mauvais goût. L’humour sans sagesse est superficiel. L’humour avec la sagesse crée une atmosphère de célébration, de fête. L’humour sans sensibilité est satire– Il vous revient avec plus de problèmes.

Le sage utilise l’humour pour apporter la sagesse et alléger chaque situation. La personne intelligente se sert de l’humour comme un bouclier devant l’humiliation. La personne cruelle utilise l’humour comme une épée pour insulter les autres. L’irresponsable utilise l’humour pour échapper à ses responsabilités. Et le niais, le fou prend l’humour trop au sérieux. Faire un effort pour être drôle est un non-sens.

Q comment cultiver le sens de l’humour ?

SSRS l’humour ce ne sont pas juste des mots, c’est la légèreté de votre Être. Vous n’avez pas à lire et répéter des blagues– simplement être cordial et léger fait ressortir l’humour authentique. Ne pas prendre la vie trop au sérieux (parce que vous n’en sortirez jamais vivants !!!) (rires).

Avoir un sentiment d’appartenance avec tout le monde, y compris avec ceux qui ne sont pas amicaux. Pratiquer le yoga et la méditation en ayant une foi inébranlable dans le Divin et dans les lois du Karma. Être en compagnie de ceux qui vive dans la connaissance et qui sont plein d’humour. Avoir la bonne volonté d’être un clown !

Embrassez l’humour !!! l’humiliation ne vous touchera jamais !

SSRS.

10.06.2009

Instant d'Eternité

INSTANT D’ETERNITE...



Instant présent... Fulgurant, tranchant...
Instant magique où la vie s'exprime,
Om, le Cœur est ouvert à ce qui Est,
Instant où mental, intellect sont absents.
Où logique, pensées philosophiques n'ont pas leur place.

Seul, le Cœur EST ouvert à l'infinitude
Du bruissement de vie...
Du murmure de l'Âme qui se dilate dans le vaste monde.
Instant où TOUT est possible,
Où TOUT s'exprime sans pudeur,
Offrant à celui qui voit
L'Amour Infini.

Dans cet instant, tragédies, mensonges, peurs,
Et tous les “pourquoi?” ont disparus,
Ne reste que le Silence pénétrant
L'Âme de l'homme
Disponible à l'écoute, à la vision de ce qui EST...

Instant de beauté suprême,
Instant où l'Amour se promène,
S'offre à Qui l'accueille...

L'Amour ne veut rien, ne demande rien,
N'exprime rien, IL EST...
Dans la profondeur de la forêt,
Sur les hautes cimes enneigées,
Dans la foule bruyante des villes,
Toujours présent, le Même pour chacun...
Et la magie de l'Instant
Nous le fait découvrir...
Humble, effacé, Il ne s'impose pas,
Telle la fleur du jasmin,
Son parfum, seul, a le goût de la plénitude de
L'INSTANT...

L'amour ne vit pas dans le souvenir,
Le souvenir deviendra alanguissement de l'Âme
À retrouver sa demeure...
LE COEUR.

Le cœur demeure de l'Amour, est lui aussi caché,
Protégé du regard...
L'Amour se dérobe aux yeux de la Sagesse humaine et
Se révèle aux yeux du fou...
Folie de l'Amour,
Plénitude de l'Instant,
Où Dieu se révèle, sans voile aux yeux humains,
Et tous le cherchent... ailleurs... dans le lointain...
Dans le souvenir ou le futur,
Mais DANS l'INSTANT...
Qui le voit, Qui le ressent?
L'homme ne peut comprendre
Qu'Il ne s'explique pas,
Qu'Il ne se dit pas,
Qu'Il ne se voit pas avec les yeux,
Qu'Il ne se sent pas avec le nez,
Qu'Il ne s'entend pas avec les oreilles,
Qu'Il ne se touche, n'y ne s'attrape avec les mains...
Qu'Il ne se laisse pas emprisonner, même par des bras aimants,
Qu'Il ne peut ÊTRE toujours exactement le même...
Car l'Amour est mouvance,
Mouvement infini...
Tout ce qui stagne fini par sentir mauvais...
Il ne peut être appréhendé avec la parole, quelle qu'en soit la définition philosophique.

L'Amour est un MYSTÈRE,
Mystère de l'INSTANT PRÉSENT,
Où Dieu déverse sans compter
Son intelligence sur le monde.
Qui puise l'eau de la Source?

Bien peu, en effet...
Mais Dieu ne cesse de déverser, instant après instant,
Son Amour infini,
Dans le Silence imperceptible de l'Instant...
L'homme ainsi peut s'abreuver à la Source
Quand il le désire...
C'est cela l'Amour...
Déverser sans forcer qui que ce soit à prendre maintenant...
Mais permettre à chacun de choisir son moment...
Liberté totale que Seul,
L'Amour peut donner...
Sans attente, sans jugement,
Sans calcul, RIEN qu'une infinie multitude d'instants
Qui se suivent mais ne se ressemblent jamais...

Instant où les mots fusent
Du silence, mais ne se figent pas,
Instant d'Amour,
Instant Magique,
Magie de l'Amour,
Amour de Dieu,
Divin Amour...